- ¿Curioso el verbo embrasser, no?
- ¿No es como embrace?
- No exactamente… «Je veux t’embrasser.» 

- ¿Curioso el verbo embrasser, no?

- ¿No es como embrace?

No exactamente… «Je veux t’embrasser.» 

Feliz cumpleaños

Feliz cumpleaños

Je vous écris d’un pays lointain / Te escribo desde un pais lejano

I

Nous n’avons ici, dit-elle, qu’un soleil par mois, et pour peu de temps. On se frotte les yeux des jours en avance. Mais en vain. Temps inexorable. Soleil n’arrive qu’en son heure.

Ensuite on a un monde de choses à faire, tant qu’il y a de la clarté, si bien qu’on a à peine le temps de se regarder un peu.

La contrariété, pour nous, dans la nuit, c’est quand il faut travailler, et il le faut : il naît des nains continuellement.

Aquí, dice ella, no tenemos más que un sol al mes y por poco tiempo. Nos frotamos los ojos con anticipación. Pero en vano. Tiempo inexorable. El sol no llega más que a su hora.

Entonces hay un mundo de cosas qué hacer, mientras dura la claridad, aunque apenas tenemos tiempo para mirarnos un poco.

El problema es por la noche, cuando hay que trabajar,  sin remedio: nacen enanos constantemente.

II

Quand on marche dans la campagne, lui confie-t-elle encore, il arrive que l’on rencontre sur son chemin des masses considérables. Ce sont des montagnes, et il faut tôt ou tard se mettre à plier les genoux. Rien ne sert de résister, on ne pourrait plus avancer, même en se faisant du mal.

Ce n’est pas pour blesser que je le dis. Je pourrais dire d’autres choses, si je voulais vraiment blesser.

Cuando paseamos por el campo, le confia ella, sucede que nos topamos en el camino con unas masas enormes. Son las montañas y tarde o temprano habrá que arrodillarse. De nada sirve resistir, no se puede avanzar, aun haciéndose daño.

No es para herir que lo cuento. Podría decir otras cosas si quisiera herir de verdad.

III

L’aurore est grise ici, lui dit-elle encore.Il n’en fut pas toujours ainsi.Nous ne savons qui accuser.

Dans la nuit le bétail pousse de grands mugissements, longs et flûtes pour finir. On a de la compassion, mais que faire?

L’odeur des eucalyptus nous entoure : bienfait, sérénité, mais elle ne peut préserver de tout, ou bien pensez-vous qu’elle puisse réellement préserver de tout?

La aurora es gris aquí, continúa ella. No siempre fue así. No sabemos a quién culpar.

Por la noche el ganado lanza grandes mugidos, largos y aflautados al final. Tenemos compasión, pero ¿qué hacer?

El aroma de los eucaliptos nos envuelve: bondad, serenidad. Pero el solo aroma no puede protegernos de todo. ¿O crees tú que realmente pueda protegernos de todo?

IV

Je vous ajoute encore un mot, une question plutôt.

Est-ce que l’eau coule aussi dans votre pays? (je ne me souviens pas si vous me l’avez dit) et elle donne aussi des frissons, si c’est bien elle.

Est-ce que je l’aime? Je ne sais. On se sent si seule dedans, quand elle est froide. C’est tout autre chose quand elle est chaude. Alors? Comment juger? Comment jugez-vous, vous autres, dites-moi, quand vous parlez d’elle sans déguisement, à cœur ouvert?

Añado una palabra más, mejor una pregunta.

¿También fluye el agua en tu país? (No recuerdo si ya me lo has dicho). Y, si es ella realmente, produce escalofríos.

¿Que si me gusta? No sé. Cuando está fría una se siente tan sola dentro de ella. Pero es una cosa distinta cuando está tibia. Entonces, ¿cómo juzgar? ¿Cómo juzgan ustedes, dime, cuando hablan de ella sin disimulo, a corazón abierto?

V

Je vous écris du bout du monde. Il faut que vous le sachiez. Souvent les arbres tremblent. On recueille les feuilles. Elles ont un nombre fou de nervures. Mais à quoi bon? Plus rien entre elles et l’arbre, et nous nous dispersons, gênées.

Est-ce que la vie sur terre ne pourrait pas se poursuivre sans vent? Ou faut-il que tout tremble, toujours, toujours?

Il y a aussi des remuements souterrains, et dans la maison comme des colères qui viendraient au-devant de vous, comme des êtres sévères qui voudraient arracher desconfessions.

On ne voit rien, que ce qu’il importe si peu de voir. Rien, et cependant on tremble. Pourquoi?

Te escribo desde el fin del mundo. Es necesario que lo sepas. A menudo tiemblan los árboles. Recogemos las hojas. Tienen una increíble cantidad de venas. ¿De qué sirve? Nada queda entre ellas y el árbol. Nosotras, molestas, nos dispersamos.

¿Será que la vida en la Tierra no podría continuar sin viento? ¿O será preciso que todo tiemble siempre, siempre?

También existen movimientos subterráneos, y en la casa cóleras que vienen a enfrentarte, como seres despiadados que quisieran arrancarte confesiones.

Nada vemos, salvo aquello que importa poco ver. Nada, y sin embargo temblamos. ¿Por qué?

VI

Nous vivons toutes ici la gorge serrée. Savez-vous que, quoique très jeune, autrefois j’étais plus jeune encore, et mes compagnes pareillement. Qu’est-ce que cela signifie? Il y a là, sûrement, quelque chose d’affreux.

Et autrefois quand, comme je vous l’ai déjà dit, nous étions encore plus jeunes, nous avions peur. On eût profité de notre confusion. On nous eût dit:  «Voilà, on vous enterre. Le moment est arrivé.» Nous pensions : «C’est vrai, nous pourrions aussi bien être enterrées ce soir, s’il est avéré que c’est le moment.»

Et nous n’osions pas trop courir : essoufflées, au bout d’une course, arriver devant une fosse toute prête, et pas le temps de dire mot, pas le souffle.

Dites-moi, quel est donc le secret à ce propos ?

Todas vivimos aquí con un nudo en la garganta. Aunque soy muy joven, has de saber que en otros tiempos fui aún más joven, al igual que mis amigas. ¿Qué significa esto? Seguro que hay algo horrible.

Y en ese tiempo cuando, como ya te dije, éramos aún más jóvenes, teníamos miedo. Alguien podría haberse aprovechado de nuestra confusión, diciéndonos: “Pues bien, el momento ha llegado, vamos a enterrarlas.” y nosotras, pensando: “Es verdad, bien podríamos ser enterradas esta noche si se comprueba que es el momento.”

Y sin atrevemos a correr demasiado, jadeantes, sin poder dar un paso más, detenemos frente a la fosa abierta, sin aliento, sin tiempo para decir una palabra.

Dime, ¿cuál es el secreto de todo esto? 

VII

Il y a constamment, lui dit-elle encore, des lions dans le village, qui se promènent sans gêne aucune. Moyennant qu’on ne fera pas attention à eux, ils ne font pas attention à nous.

Mais s’ils voient courir devant eux une jeune fille, ils ne veulent pas excuser son émoi. Non ! aussitôt ils la dévorent.

C’est pourquoi ils se promènent constamment dans le village où ils n’ont rien à faire, car ils bâilleraient aussi bien ailleurs, n’est-ce pas évident ?

Hay, constantemente, añade ella, leones que se pasean a sus anchas por la ciudad. Como no les prestamos atención, ellos tampoco se fijan en nosotras.

Pero si frente a ellos pasa corriendo una muchacha, no pueden contener su emoción. ¡No! Y la devoran de inmediato.

Es por eso que se pasean constantemente por la ciudad, donde nada tie- nen qué hacer, pues igual bostezarían en otros lugares, ¿no es verdad? 

VIII

Depuis longtemps, longtemps, lui confie-t-elle, nous sommes en débat avec la mer.

De très rares fois, bleue, douce, on la croirait contente. Mais cela ne saurait durer. Son odeur du reste le dit, une odeur de pourri (si ce n’était son amertume).

Ici, je devrais expliquer l’affaire des vagues. C’est follement compliqué, et la mer… Je vous prie, ayez confiance en moi. Est-ce que je voudrais vous tromper? Elle n’est pas qu’un mot. Elle n’est pas qu’une peur. Elle existe, je vous le jure; on la voit constamment.

Qui? mais nous, nous la voyons. Elle vient de très loin pour nous chicaner et nous effrayer.

Quand vous viendrez, vous la verrez vous-même, vous serez tout étonné. «Tiens!» direz-vous, car elle stupéfie.

Nous la regarderons ensemble. Je suis sûre que je n’aurai plus peur. Dites-moi, cela n’arrivera-t-il jamais ?

Hace mucho, pero mucho tiempo -le confía ella-, estamos en lucha con el mar.

Muy raras veces es azul. Cuando está sereno, hasta parece contento. Pero dura poco. Además, su olor lo delata: un olor a podrido (si no fuese su amargura).

Aquí debo explicar el asunto de las olas. Es terriblemente complicado, y el mar . .. Pero, te suplico, ten confianza en mí. ¿Crees que me atrevería a engañarte? El mar no es sólo una palabra, no es sólo un temor. El mar existe, lo juro, está siempre a la vista.

¿A la vista de quién? Pues de nosotras, nosotras lo vemos. Viene de muy lejos para embaucamos y atemorizarnos.

Cuando vengas, lo verás con tus propios ojos y quedarás pasmado. ” iCa- ray!”, dirás, pues el mar asombra.

Juntos lo contemplaremos. Estoy segura que entonces no tendré miedo. Dime, ¿será posible? 

IX

Je ne veux pas vous laisser sur un doute, continue-t-elle, sur un manque de confiance. Je voudrais vous reparler de la mer. Mais il reste l’embarras .Les ruisseaux avancent; mais elle, non. Écoutez, ne vous fâchez pas, je vous le jure, je ne songe pas à vous tromper. Elle est comme ça. Pour fort qu’elle s’agite, elle s’arrête devant un peu de sable. C’est une grande embarrassée. Elle voudrait sûrement avancer, mais le fait est là.

Plus tard peut-être, un jour elle avancera.

No puedo dejarte con una duda -continúa ella-, con una falta de confianza  Quisiera volver a hablarte del mar. Aunque la confusión persiste. Los arroyos avanzan, pero no el mar. Escucha, no te enojes, juro qué no intento engañarte. El mar es así. Por más que se debata, un poco de arena lo detie- ne. Es un gran indeciso. Él quisiera avanzar, pero así es la cosa.

Tal vez más tarde, algún día, el mar avanzará. 

X

"Estamos, como nunca, rodeadas de hormigas", dice su carta. pecho a tierra, empujan el polvo. No se interesan en nosotras. Ninguna alza la cabeza.

Es la sociedad más cerrada que existe, aunque en constante expansión. Poco les importan los proyectos a futuro, las preocupaciones… las hormi- gas están entre hormigas, en cualquier parte.

Y hasta ahora ninguna se ha vuelto a mirarnos.’ Antes se haría aplastar. 

XI

Elle lui écrit encore:

"Vous n’imaginez pas tout ce qu’il y a dans le ciel, il faut l’avoir vu pour le croire. Ainsi, tenez, les… mais je ne vais pas vous dire leur nom tout de suite."

Malgré des airs de peser très lourd et d’occuper presque tout le ciel, ils ne pèsent pas, tout grands qu’ils sont, autant qu’un enfant nouveau-né.

Nous les appelons des nuages.

Il est vrai qu’il en sort de l’eau, mais pas en les comprimant, ni en les triturant. Ce serait inutile, tant ils en ont peu.

Mais, à condition d’occuper des longueurs et des longueurs, des largeurs et des largeurs, des profondeurs aussi et des profondeurs et de faire les enflés, ils arrivent à la longue à laisser tomber quelques gouttelettes d’eau, oui, d’eau. Et on est bel et bien mouillé. On s’enfuit furieuses d’avoir été attrapées ; car personne ne sait le moment où ils vont lâcher leurs gouttes ; parfois ils restent des jours sans les lâcher. Et on en resterait en vain chez soi à attendre.

Ella le escribe:
“No te imaginas todo lo que hay en el cielo, tienes que verlo para creerlo. Allá están las… pero no quisiera decirte su nombre tan pronto.”

A pesar de su enorme apariencia, pues abarcan casi todo el cielo, no son más pesadas que un recién nacido.

Les llamamos nubes.

Es cierto que les sale agua, pero nunca por exprimirlas ni por trituradas. Sería inútil, tienen muy poca.

Pero, a fuerza de abarcar anchuras y anchuras, larguras y larguras, profundidades y profundidades, llegan, a fuerza de hincharse, a soltar algunas gotitas de agua. Sí, de agua. Y quedamos hermosamente mojadas. Corremos furiosas por haber sido sorprendidas, pues nadie conoce el momento en que arrojarán sus gotas. A veces pasan días enteros sin soltarlas y sería en vano quedarse en casa esperando. 

XII

L’éducation des frissons n’est pas bien faite dans ce pays. Nous ignorons les vraies règles et quand l’événement apparaît, nous sommes prises au dépourvu.

C’est la Temps, bien sûr. (Est-il pareil chez vous ?) Il faudrait arriver plus tôt que lui ; vous voyez, ce que je veux dire, rien qu’un tout petit peu avant. Vous connaissez l’histoire de la puce dans le tiroir ? Oui bien sûr. Et comme c’est vrai, n’est-ce pas ! Je ne sais plus que dire. Quand allons nous nous voir enfin ?

La educación de los escalofríos no se imparte bien en este país. Ignoramos las verdaderas reglas y cuando el suceso aparece nos toma desprevenidas.

Es el Tiempo, por supuesto. (¿Es igual entre ustedes?) Bastaría con llegar antes que él -tú me entiendes-, apenas un poquito antes. ¿Conoces el cuento de la pulga en el cajón? Por supuesto que sí, iY de veras es cierto! No sé qué más decir. En fin, ¿cuándo nos veremos?

"I am trying—I am trying to explore my unconscious wishes and fears, trying to lift the barrier of repression, of self-deception, that controls my everyday self."

Sylvia Plath, from “The Unabridged Journals Of Sylvia Plath”  (via thatkindofwoman)
Orchid Mantis

s-c-i-guy:

Coral of the Red Sea

Image Credit: Alexander Semenov

source

Dear Catherine,

I’ve been sitting here thinking about all the things I wanted to apologize to you for. All the pain we caused each other. Everything I put on you. Everything I needed you to be or needed you to say. I’m sorry for that. I’ll always love you ‘cause we grew up together and you helped make me who I am. I just wanted you to know there will be a piece of you in me always, and I’m grateful for that. Whatever someone you become, and wherever you are in the world, I’m sending you love. You’re my friend to the end.

Love,

Theodore.